Gestion des dettes et budget
8
minutes de lecture

Je n'arrive pas à rembourser mon plan de surendettement : que faire ?

Publié le
11/3/26
Amélie Boivin
Amélie Boivin
Responsable Pôle Conciliation
Partager

Table des matières

Un plan de surendettement est un accord encadré par la Banque de France, censé vous donner une bouffée d’air face à des dettes devenues ingérables. Mais la vie ne s’arrête pas à la signature du plan : perte d’emploi, maladie, inflation qui grignote le budget… les raisons de ne plus pouvoir honorer ses mensualités sont nombreuses, et elles ne font pas de vous quelqu’un de mauvaise foi. Cet article vous explique ce qui se passe réellement si vous n’arrivez plus à rembourser votre plan de surendettement, les démarches à enclencher sans attendre, et les solutions légales à votre disposition pour éviter la déchéance du plan et retrouver une situation stable.

Comprendre les conséquences d'un défaut de paiement du plan de surendettement

Ne pas rembourser une mensualité de son plan de surendettement n'entraîne pas sa perte immédiate. Un plan conventionnel devient caduc de plein droit quinze jours après une mise en demeure de payer restée sans effet (article R732-2 du Code de la consommation) : tant que ce courrier n'est pas parti, le plan tient et la suspension des poursuites aussi. Une fois le plan caduc ou déchu, en revanche, chaque créancier retrouve l'intégralité de ses droits et le solde de chaque dette redevient exigible d'un coup, non plus par mensualités.

La commission procède alors à une lecture approfondie de la réalité de votre situation financière, en analysant l’ensemble de votre patrimoine, de vos charges et de vos dettes, afin de déterminer la suite à donner à votre dossier.

Le risque de caducité ou de déchéance du plan

Il faut distinguer deux situations : un retard ponctuel et une rupture effective du plan. Un simple retard de quelques jours, accompagné d’une communication proactive avec la Banque de France, n’entraîne pas automatiquement la fin de votre plan. En revanche, des impayés répétés ou prolongés peuvent conduire à deux issues redoutées : la caducité et la déchéance d’un plan de surendettement, qui sont encadrées juridiquement.

La caducité d’un plan intervient lorsque les conditions d’exécution du plan ne sont plus remplies, par exemple si votre situation financière s’est dégradée au point que le plan ne peut plus être maintenu tel quel. Juridiquement, la caducité d'un plan de surendettement se produit 15 jours après une mise en demeure de payer restée infructueuse, adressée par un créancier. Elle est en pratique envoyée en lettre recommandée avec accusé de réception, le créancier devant pouvoir prouver sa date d'envoi. Attendre la mise en demeure et la caducité du plan vous prive de toute protection et vous expose à des procédures de recouvrement agressives. Une fois le plan caduc, les créanciers peuvent reprendre leurs poursuites et réclamer les sommes dues. La déchéance, quant à elle, est prononcée à la demande d’un ou plusieurs créanciers qui constatent que vous n’honorez plus vos mensualités. Dans les deux cas, le plan tombe et vous perdez la protection qu’il offrait.

Concrètement, cela signifie que vos créanciers retrouvent la totalité de leurs droits : le solde restant de chaque dette redevient exigible dans sa globalité, et non plus par tranches mensuelles.

Les poursuites des créanciers en cas d'impayés

Tant que votre plan est actif et respecté, vos créanciers ne peuvent ni vous relancer individuellement ni engager de procédure de saisie. La suspension des poursuites est l’une des protections fondamentales du dispositif de surendettement. Si le plan est rompu, cette protection disparaît entièrement.

Vos créanciers peuvent alors reprendre les poursuites individuelles : mise en demeure, saisie sur salaire, saisie sur compte bancaire. Des huissiers peuvent être mandatés. La fin du plan de surendettement vous expose ainsi à des procédures de recouvrement, notamment le recouvrement forcé par les créanciers qui chercheront à récupérer les sommes dues par tous moyens légaux. La situation peut se détériorer très rapidement si aucune démarche n’est engagée pour régulariser ou réviser le plan.

C’est pourquoi réagir dès le premier signe de difficulté, avant même le premier impayé, est essentiel pour préserver vos droits.

Les causes courantes de l'impossibilité de respecter ses mensualités

Trois causes expliquent l'essentiel des ruptures de plan de surendettement : une baisse de revenus (licenciement, rupture conventionnelle, arrêt maladie prolongé), une hausse durable des charges contraintes (loyer, énergie, alimentation, assurances), et une dépense imprévue non absorbable (réparation d'un véhicule indispensable, frais de santé non remboursés). Identifier laquelle vous concerne n'est pas un exercice de style : c'est ce changement de situation, daté et justifié, que la commission de surendettement exige pour accepter de réviser le plan.

Baisse de revenus : chômage, maladie ou accident de la vie

La cause la plus fréquente est la baisse soudaine des revenus. Un licenciement, une rupture conventionnelle, une maladie longue durée, un arrêt de travail prolongé ou un accident grave peuvent réduire drastiquement vos ressources disponibles en quelques semaines.

Lorsque votre plan de surendettement a été établi, il était calibré sur votre situation financière de l'époque. Si cette situation a changé significativement depuis (revenus réduits de 30 %, 40 % ou plus), les mensualités fixées ne correspondent plus à vos capacités réelles. C'est précisément ce changement de situation que la commission de surendettement peut prendre en compte pour réviser le plan.

Augmentation des charges imprévues ou inflation

À l'inverse d'une baisse de revenus, c'est parfois l'augmentation des charges qui fait basculer l'équilibre. L'inflation des dernières années a pesé lourd sur les budgets serrés : hausse des loyers, de l'énergie, de l'alimentation, des assurances. Pour des ménages dont chaque euro est compté, ces hausses peuvent suffire à rendre les mensualités du plan de surendettement impossibles à honorer.

D'autres dépenses imprévues peuvent s'y ajouter : réparation urgente d'un véhicule indispensable pour travailler, frais de santé non remboursés, panne d'équipement domestique. Ces charges ponctuelles mais importantes viennent percuter un budget déjà tendu, sans que vous ayez commis la moindre erreur de gestion.

Dans ces situations, vous n'êtes pas responsable de votre incapacité à rembourser. Vous avez besoin d'un aménagement, pas d'une sanction.

Les solutions immédiates pour réagir face aux difficultés de remboursement

Dès que vous anticipez une difficulté à payer votre prochaine mensualité, deux démarches priment sur toutes les autres. Signalez le changement de situation à votre gestionnaire de dossier à la Banque de France, avant le premier impayé et avec vos justificatifs. En parallèle, écrivez à chaque créancier pour demander un report ou une réduction temporaire, en proposant une date de reprise précise. Ces deux démarches se cumulent et ne s'excluent pas : la première prépare une révision du plan, la seconde évite la mise en demeure qui rendrait le plan caduc.

Contacter son gestionnaire de dossier à la Banque de France

Votre dossier de surendettement est suivi par un référent à la Banque de France. C'est votre interlocuteur principal en cas de changement de situation. Contactez-le dès que possible, sans attendre le premier impayé.

Expliquez clairement votre situation : quelle est la cause de la difficulté (perte d'emploi, maladie, hausse des charges), depuis quand, et quelle est son évolution probable. Apportez des justificatifs : notification de licenciement, arrêt de travail, bulletins de salaire récents, relevés bancaires. Plus votre démarche est documentée et précoce, plus elle est prise au sérieux par la commission.

La Banque de France peut alors enclencher une révision du plan, suspendre temporairement certaines échéances, ou vous orienter vers une procédure adaptée à votre nouvelle situation. Elle n'est pas là pour vous juger : elle est là pour trouver une solution viable.

Négocier un aménagement amiable avec ses créanciers

En parallèle de la démarche auprès de la Banque de France, vous pouvez contacter directement vos créanciers pour signaler votre difficulté et demander un aménagement temporaire. Il est également possible de solliciter une renégociation des conditions de votre plan de surendettement auprès de vos créanciers, afin d’adapter les modalités de remboursement à votre nouvelle situation. Certains établissements acceptent de reporter une ou plusieurs mensualités, de réduire temporairement le montant dû, ou de mettre en place un délai de grâce sans pénalité.

Pour maximiser vos chances d’obtenir un accord amiable :

  • Prenez contact par écrit (email ou courrier recommandé) plutôt que par téléphone, pour garder une trace
  • Exposez votre situation clairement, sans dramatiser mais sans minimiser
  • Proposez une solution concrète : “Je ne peux pas payer les 200 € ce mois-ci, mais je peux reprendre les paiements dans 60 jours”
  • Joignez un justificatif de votre difficulté (avis de chômage, arrêt maladie, etc.)

Un créancier préférera souvent un accord amiable à une procédure coûteuse et incertaine. Cette démarche peut vous donner le temps nécessaire pour régulariser votre situation sans rompre le plan.

Les aides sociales mobilisables en cas de difficultés de remboursement

Quatre relais peuvent être mobilisés quand les mensualités du plan deviennent intenables. Le Centre Communal d'Action Sociale de votre commune, pour les aides d'urgence et les secours ponctuels. Le service social de votre département, pour le Fonds de Solidarité pour le Logement en cas de loyer ou d'énergie impayés. Les Points Conseil Budget, un dispositif public gratuit d'accompagnement budgétaire. Et les associations agréées, qui aident à monter les dossiers. Aucun de ces guichets ne rembourse vos dettes, mais tous peuvent dégager la trésorerie qui manque pour tenir la mensualité.

N’hésitez pas à solliciter la commission de surendettement pour obtenir des informations sur les aides disponibles. Selon votre situation, vous pouvez être orienté vers des dispositifs d’aide sociale (aide au logement, aides d’urgence, soutien des Centres Communaux d’Action Sociale, etc.) ou bénéficier d’un accompagnement personnalisé pour rééquilibrer votre budget. Les associations de consommateurs et les travailleurs sociaux sont également des relais précieux : ils peuvent vous aider à constituer votre dossier, à comprendre vos droits, et à défendre vos intérêts face aux établissements de crédit.

En cas de difficultés, il est essentiel d’agir rapidement : plus tôt vous sollicitez ces aides, plus vous augmentez vos chances de préserver votre plan de surendettement et d’éviter la déchéance du plan ou la reprise des poursuites. N’attendez pas que la situation se dégrade pour demander conseil : la commission de surendettement et les acteurs associatifs sont là pour vous accompagner vers des solutions concrètes et adaptées à votre cas.

La gestion bancaire en situation de surendettement

Pendant un plan de surendettement, trois règles bancaires protègent votre équilibre. Ne souscrire aucun nouveau crédit : c'est ce qui fait basculer le plus grand nombre de plans. Conserver un compte actif, en faisant jouer le droit au compte auprès de la Banque de France si votre banque ferme le vôtre, ce qui vous garantit les services bancaires de base. Et basculer sur des moyens de paiement à autorisation systématique, pour rendre le découvert matériellement impossible. Votre banque, de son côté, ne peut pas modifier unilatéralement vos contrats au seul motif que votre dossier a été déclaré recevable.

Les établissements de crédit ont l’obligation de respecter les mesures imposées par la commission de surendettement : ils ne peuvent pas résilier ou modifier un contrat de manière unilatérale simplement parce que votre dossier a été déclaré recevable. Cela vous garantit une certaine stabilité dans la gestion de vos moyens de paiement.

Il est également important de conserver un compte bancaire actif, même en cas de difficultés. Si votre banque actuelle refuse de maintenir votre compte, vous pouvez faire appel au droit au compte auprès de la Banque de France, qui désignera un établissement pour vous permettre de disposer des services bancaires de base. Privilégiez des moyens de paiement adaptés à votre situation (carte à autorisation systématique, virements, prélèvements pour les charges fixes) afin de mieux contrôler vos dépenses et d’éviter les incidents de paiement.

En résumé, une gestion bancaire rigoureuse et adaptée, associée au respect du plan de remboursement, vous aidera à traverser la période de surendettement sans aggraver votre situation et à préserver vos droits face aux créanciers.

Les options spécifiques pour les propriétaires en surendettement

Être propriétaire pendant un plan de surendettement change les options disponibles, dans les deux sens. La valeur du bien peut servir de levier pour solder les dettes et sortir du plan, mais elle peut aussi conduire la commission à envisager sa vente si aucune autre issue n'existe. Trois dispositifs mobilisent cette valeur sans passer par une vente définitive imposée : le refinancement hypothécaire, la vente à réméré avec faculté de rachat, et la négociation globale avec les créanciers. Chacun a un coût et des conditions strictes, et aucun ne doit être signé sans autorisation quand un dossier est déjà recevable.

Le refinancement hypothécaire consiste à mobiliser la valeur du bien pour regrouper ses dettes en une seule opération, à condition que la capacité de remboursement reste suffisante. La négociation globale, elle, ne crée pas de nouvelle dette : elle vise à faire accepter aux créanciers un règlement immédiat, souvent inférieur au total réclamé. En France, ce dispositif est mis en œuvre par Conciliaprêt, opérateur de médiation amiable et de restructuration de dettes, gestionnaire de crédit agréé par l'ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution), qui peut mobiliser ses fonds propres pour désintéresser les créanciers, sans frais à la charge du débiteur, en quatre à six semaines.

Il est fortement conseillé de consulter un expert (notaire, conseiller financier, association spécialisée) pour évaluer la faisabilité de ces options en fonction de votre situation et de votre patrimoine. Agir rapidement est essentiel : plus vous anticipez, plus vous aurez de solutions pour éviter la caducité de votre plan de surendettement et la reprise des poursuites par vos créanciers. Ces dispositifs sont des alternatives concrètes à la liquidation judiciaire et peuvent vous permettre de préserver l’essentiel, même en période de crise.

Peut-on m'obliger à vendre ma maison ?

Ni la commission de surendettement ni vos créanciers ne peuvent vendre votre logement de leur propre autorité. La vente forcée suppose une procédure de saisie immobilière conduite devant le juge, ou une liquidation judiciaire prononcée dans le cadre d'un rétablissement personnel, quand le patrimoine permet de désintéresser au moins partiellement les créanciers. En revanche, la commission tient compte de la valeur du bien pour apprécier votre situation, et un patrimoine important peut la conduire à écarter l'effacement des dettes en considérant qu'une solution existe. À retenir aussi : à compter de la décision de recevabilité, vous ne pouvez plus vendre vous-même sans autorisation, ce qui interdit toute opération signée dans l'urgence.

La procédure de redépôt d'un dossier de surendettement

Le redépôt d'un dossier auprès de la Banque de France est la voie officielle pour faire réviser un plan devenu intenable. La démarche est gratuite, comme l'ensemble de la procédure de surendettement, et se compose du formulaire Cerfa, d'une lettre de saisine expliquant ce qui a changé, et des justificatifs correspondants. Une fois le dossier déclaré recevable, les procédures d'exécution sont à nouveau suspendues, pour une durée maximale de deux ans. Pendant l'instruction, continuez à régler vos charges courantes, loyer et factures d'abord : c'est ce qui pèse le plus dans l'appréciation de votre bonne foi.

Quand faut-il redéposer un dossier de surendettement ?

La commission de surendettement accepte de réviser un plan existant lorsqu'un changement significatif de situation peut être justifié. Il ne s'agit pas d'une simple variation mensuelle, mais d'une modification durable et documentée de vos revenus ou de vos charges.

Les critères généralement reconnus comme justifiant un redépôt incluent : une perte d'emploi ou une baisse de revenus persistante, une séparation ou un divorce, un changement de composition du foyer, une maladie grave ou un handicap durable. Plus le changement est récent et documenté, plus votre dossier sera solide face à la commission.

Il est fortement recommandé de redéposer avant que les impayés ne s'accumulent. Un dossier déposé de manière proactive, avant la rupture effective du plan, est mieux perçu par la commission qu'un dossier déposé en urgence après plusieurs mois d'impayés.

Les étapes pour constituer un nouveau dossier modificatif

Le redépôt s'effectue directement auprès de la Banque de France, au guichet de votre agence locale ou via la plateforme en ligne. Voici les étapes principales :

  • Rassemblez vos justificatifs : relevés de compte des 3 derniers mois, bulletins de salaire ou attestation de chômage, justificatifs de charges (loyer, factures, remboursements en cours), liste actualisée de vos dettes
  • Remplissez le formulaire de dépôt : disponible sur le site de la Banque de France ou en agence. Précisez que vous avez déjà un plan en cours et que vous en demandez la révision pour changement de situation
  • Décrivez votre changement de situation : rédigez un exposé clair et factuel de ce qui a changé depuis la mise en place du plan initial, avec dates et montants
  • Déposez le dossier et attendez la recevabilité : la commission examine d'abord si votre dossier est recevable (généralement sous 3 mois), puis propose un nouveau plan si les conditions sont remplies

Une fois le nouveau dossier accepté et déclaré recevable, vous bénéficiez à nouveau d'une suspension des poursuites pendant toute la durée de l'instruction.

Les mesures exceptionnelles : le rétablissement personnel (PRP)

Le rétablissement personnel est la procédure qui efface les dettes non professionnelles quand aucun plan de remboursement, même révisé, n'est envisageable. Elle est réservée aux situations qualifiées d'irrémédiablement compromises, c'est-à-dire lorsque les ressources ne permettraient de rembourser quoi que ce soit dans un délai raisonnable. Elle prend deux formes : sans liquidation judiciaire quand il n'y a pas de patrimoine à vendre, avec liquidation quand il en existe un. Dans les deux cas, elle met fin définitivement aux poursuites des créanciers couverts, et l'inscription au FICP qui en découle dure cinq ans.

Qu'est-ce que la Procédure de Rétablissement Personnel ?

La PRP est une procédure légale accessible uniquement aux personnes dont la situation financière est qualifiée d'irrémédiablement compromise : c'est-à-dire que même après effacement des dettes, la personne ne dispose pas de ressources suffisantes pour rembourser quoi que ce soit dans un délai raisonnable.

Il en existe deux formes :

  • La PRP sans liquidation judiciaire : applicable lorsque la personne ne possède pas de patrimoine significatif. Elle conduit à l'effacement total des dettes non professionnelles, sans passer par un tribunal.
  • La PRP avec liquidation judiciaire : applicable lorsqu'il existe des biens à liquider (bien immobilier, épargne). Un juge est saisi pour organiser la vente des actifs, puis les dettes résiduelles sont effacées.

Dans les deux cas, la PRP met fin définitivement aux poursuites des créanciers couverts par la procédure.

L'effacement total des dettes en cas de situation irrémédiablement compromise

L'effacement total des dettes est une sortie de crise radicale mais bien réelle. Il signifie que vous n'avez plus rien à rembourser sur les dettes couvertes par la procédure : ni le capital, ni les intérêts, ni les pénalités. C'est un droit prévu par la loi, pas une faveur accordée au cas par cas.

La conséquence à connaître : après un rétablissement personnel, l'inscription au FICP dure cinq ans à compter de l'homologation ou de la clôture de la procédure, quelle qu'en soit la forme. C'est la durée du plan conventionnel ou des mesures imposées qui peut atteindre sept ans, pas celle du rétablissement personnel. Pendant ces cinq années, l'accès au crédit classique reste fermé, mais vous repartez sans dette, et le microcrédit personnel accompagné reste accessible pour un projet d'insertion.

La PRP ne convient pas à toutes les situations : elle est réservée aux cas véritablement sans issue. Un accompagnement spécialisé peut vous aider à évaluer si vous y êtes éligible et à constituer le dossier dans les meilleures conditions.

Erreurs à éviter en cas de rupture du plan de surendettement

Trois réflexes aggravent durablement une rupture de plan de surendettement. Souscrire un nouveau crédit pour combler les mensualités en retard, ce qui augmente l'endettement et peut être qualifié de mauvaise foi par la commission, fermant l'accès au redépôt comme au rétablissement personnel. Ignorer les courriers et les relances, ce qui laisse le champ libre aux saisies sur salaire et sur compte. Et attendre que la situation s'améliore d'elle-même, alors que la caducité se joue en quinze jours après une simple mise en demeure.

Pourquoi ne pas souscrire de nouveaux crédits ?

C'est la réaction spontanée de beaucoup : trouver un nouvel emprunt pour combler les mensualités en retard. C'est une erreur grave, à plusieurs titres.

D'abord, pendant un plan de surendettement, votre inscription au FICP limite ou bloque l'accès au crédit classique. Ensuite, si vous parvenez malgré tout à obtenir un financement (auprès d'organismes peu scrupuleux, par exemple), vous aggravez votre endettement global au lieu de le réduire. Enfin, et c'est crucial : contracter un nouveau crédit en dissimulant votre situation peut être considéré comme de la mauvaise foi par la commission de surendettement. Cela peut vous fermer les portes d'un futur redépôt ou d'une PRP, les seules voies légales qui permettraient de vous en sortir.

L'importance de ne pas ignorer les relances des créanciers

Face aux difficultés financières, un réflexe courant est d'éviter les courriers, d'ignorer les appels, de remettre à plus tard les démarches administratives. Ce silence radio est compréhensible humainement, mais contre-productif dans les faits.

Répondre aux courriers des créanciers, même pour signaler votre difficulté et annoncer une démarche en cours, envoie un signal clair de bonne foi. Les créanciers, comme les huissiers mandatés, distinguent généralement entre quelqu'un qui fuit et quelqu'un qui communique. Ne pas répondre laisse le champ libre aux procédures les plus contraignantes (saisie sur salaire, saisie sur compte bancaire). Au contraire, une lettre courte et factuelle ("Je traverse une période de difficultés, j'ai contacté la Banque de France pour réviser mon plan, je vous tiendrai informé") peut ralentir les démarches et préserver votre espace de négociation.

Conseils pour mieux gérer son budget après un aménagement du plan

Après un aménagement de plan, trois habitudes évitent la rechute. Établir un budget mensuel qui sépare les charges fixes incompressibles des dépenses variables, et vérifier que la nouvelle mensualité y tient sans mordre sur l'essentiel. Constituer une réserve d'urgence, même modeste : c'est l'absence de matelas qui transforme une panne de voiture en rupture de plan. Et se faire accompagner gratuitement par un Point Conseil Budget, dispositif public ouvert à tous et pas seulement aux situations extrêmes.

Commencez par établir un budget mensuel détaillé, en distinguant clairement les charges fixes incompressibles (loyer, énergie, alimentation, transport) de vos charges variables. Une fois ce budget posé, vérifiez que votre mensualité révisée s'y intègre sans mettre en péril vos dépenses essentielles.

Constituez progressivement une petite réserve d'urgence, même 50 € par mois mis de côté, pour faire face aux dépenses imprévues sans déstabiliser votre équilibre budgétaire. L'absence de matelas financier est souvent ce qui transforme un incident mineur en crise majeure.

N'hésitez pas à solliciter un accompagnement budgétaire auprès d'une association agréée ou d'un conseiller spécialisé. Des structures comme les Points Conseil Budget (PCB) proposent un suivi gratuit pour vous aider à stabiliser durablement vos finances. Ce type d'accompagnement n'est pas réservé aux cas extrêmes, il est utile à toute personne qui cherche à repartir sur des bases solides.

Enfin, restez vigilant sur les nouvelles dépenses que vous engagez. Un abonnement supplémentaire, un achat à crédit en apparence anodin, une dépense non planifiée : autant de petits déséquilibres qui peuvent s'accumuler et fragiliser un budget qu'on pensait stabilisé.

Si vous êtes retraité, les seniors face au surendettement rencontrant des contraintes spécifiques liées aux ressources fixes de la retraite, notre guide des aides pour les retraités détaille les dispositifs disponibles.

💡 À retenir : l'essentiel pour réussir à rembourser son plan de surendettement

  • Réagir vite : signalez tout impayé immédiatement à la Banque de France, attendre ne fait qu'aggraver la situation.
  • Redéposer un dossier : c'est la voie légale pour adapter vos mensualités à votre situation réelle.
  • Alerter les créanciers : négociez un report amiable pour éviter la déchéance du plan.
  • Éviter les nouveaux crédits : cela aggrave votre endettement et peut bloquer vos recours légaux.
  • Viser le PRP si nécessaire : l'effacement total des dettes est possible si votre situation est sans issue.

Ne pas rembourser son plan de surendettement n'est pas une fatalité. Des solutions existent à chaque stade, à condition d'agir tôt et de ne pas rester seul face à la situation.

Questions fréquentes

Comment puis-je renégocier mon plan de surendettement ?

Pour renégocier votre plan, la démarche officielle est le redépôt d'un dossier auprès de la Banque de France. Vous devez justifier d'un changement significatif de votre situation depuis la mise en place du plan initial (perte d'emploi, maladie, hausse durable des charges). La commission examine votre dossier et peut proposer un nouveau plan avec des mensualités adaptées à vos ressources actuelles. En parallèle, une négociation amiable directe avec vos créanciers reste toujours possible pour obtenir un report ou une réduction temporaire des paiements, sans passer par la commission.

Qui peut casser un plan de surendettement ?

Un plan de surendettement peut être remis en cause par les créanciers si vous n'en respectez pas les termes (impayés répétés ou prolongés) : on parle alors de déchéance du plan, et un plan conventionnel devient caduc de plein droit quinze jours après une mise en demeure de payer restée infructueuse. Il peut aussi être révisé à votre demande si votre situation a changé de façon significative : c'est le redépôt de dossier. La commission de surendettement de la Banque de France peut également décider de réviser ou de mettre fin à un plan si les conditions initiales ne sont plus réunies.

Est-il possible d'être saisi malgré un dossier de surendettement ?

Tant que votre dossier de surendettement est actif et que vous respectez votre plan, les poursuites et saisies sont suspendues. En revanche, si votre plan est rompu (déchéance ou caducité) ou si votre dossier n'a pas encore été déclaré recevable, les créanciers retrouvent leurs droits de poursuite. En cas de rupture du plan, ils peuvent alors demander une saisie sur salaire ou sur compte bancaire. Redéposer un dossier dès que possible rétablit la protection contre les poursuites pendant toute la durée de l'instruction.

Qui paye les dettes en cas de dossier de surendettement ?

Dans le cadre d'un plan de surendettement classique, c'est vous qui continuez à rembourser vos dettes, mais selon un calendrier réaménagé et des mensualités adaptées à vos ressources. Personne ne paie à votre place. En revanche, si une Procédure de Rétablissement Personnel (PRP) est prononcée, les dettes sont effacées : vos créanciers perdent leur droit à remboursement, sans qu'aucun tiers ne les indemnise à votre place. C'est une remise totale de dettes, non un transfert de responsabilité vers un autre organisme.

Combien de temps reste-t-on fiché après un effacement de dettes ?

Cinq ans. Après un rétablissement personnel, avec ou sans liquidation judiciaire, l'inscription au FICP court cinq ans à compter de l'homologation ou de la clôture de la procédure. Elle ne dépend ni du montant effacé ni du nombre de créanciers. La durée de sept ans que l'on lit souvent concerne un autre cas : le plan conventionnel ou les mesures imposées, ramenés à cinq ans si aucun nouvel incident n'intervient pendant les cinq premières années. Passé ce délai, la radiation est automatique et ne demande aucune démarche.

Peut-on obtenir un crédit pendant un plan de surendettement ?

Pas un crédit classique : l'inscription au FICP ferme l'accès au prêt personnel, au crédit renouvelable et au paiement en plusieurs fois pendant toute la durée du plan. Surtout, souscrire un crédit sans en informer la commission peut être analysé comme un manquement à la bonne foi et compromettre la révision de votre plan comme un futur rétablissement personnel. Une seule voie reste ouverte pour un besoin lié à l'emploi ou à la mobilité : le microcrédit personnel accompagné, monté avec un travailleur social, qui tient compte du fichage sans en faire un motif de refus.

Contactez-nous dès aujourd'hui

Nous sommes là pour répondre à toutes vos questions et vous accompagner dans vos démarches.

Contributeurs
Amélie Boivin
Amélie Boivin
Responsable Pôle Conciliation